Madame, Monsieur,
Etant soucieux de l'avenir environnemental de notre planète, je suis sensible aux efforts que fait la COOP pour proposer à ses clients des produits biologiques.
Comme je suis titulaire d'une "Supercard", je reçois le journal COOPERATION.
Le n0 12 a attiré particulièrement mon attention, notamment par les deux publicités suivantes :
- p. 63 "Les fraises sont de retour" - "faites vous plaisir en attendant les fraises suisses ...".
- plus loin, "Pour un peu d'exotisme - pour collectionner des superpoints", on propose à l'achat des avocats d'Espagne, d'Israël et du Chili, la pièce fr. 1.70.
Alors, je m'étonne qu'un distributeur qui fait de l'écologie un argument de vente soit aussi peu cohérent.
Concernant ces deux articles, le bilan écologique est catastrophique, d'une part parce que leur transport du lieu de production jusqu'à vos étals consomme un maximum de pétrole, et produit une pollution considérable, le pire étant bien sûr le transport Chili - Suisse. D'autre part, la production de fraises est notoirement particulièrement gourmandes en eau dont les espagnols sont dès lors privés alors qu'il y a actuellement la sécheresse.
A ce propos, c'est avec raison que votre journal a rendu ses lecteurs attentifs au grave problème de l'eau, évoqués par diverses conférences à GENEVE la semaine dernière. Mais là encore, on cherche la cohérence, et on constate la schizophrénie.
Enfin, vous n'êtes pas sans savoir que les conditions de production des fraises en Espagne sont piteuses socialement de par les conditions de travail imposées aux travailleurs agricoles, et qu'en Israël, l'accès à l'eau est une des cause de la guerre qui sévit là-bas depuis 1948.
La consommation à outrance est probablement le facteur le plus important du malheur écologique planétaire.
Dès lors, le consommateur que je suis attend d'un distributeur majeur comme la COOP des choix conformes aux critères de l'écologie de base.
"COOP pour moi et pour toi" ? Ce sera donc sans moi.
En attendant votre réponse, et vous souhaitant bonne réception de la présente, je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à mes sentiments distingués.
Raymond de MORAWITZ
Journal COOPERATION
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Service client COOP http://konsumentendienst.coop.ch/coopkd/servlet
PS : la présente sera communiquée via Internet à tout mon réseau.
Le 28 mars 12 à 14:49, <
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>; a écrit :
> Monsieur,
>
> Nous nous référons à votre message adressé à Coopération, qui nous l'a transmis et c'est avec plaisir que nous y répondons.
>
> La mondialisation est un phénomène auquel Coop non plus n'arrive pas à échapper, en dépit de règles de comportement fondées sur le bon sens. Il y a toujours un point de la planète où les fruits et les légumes sont de saison. Un grand nombre des pays auxquels nous recourons dépendent des exportations, tout comme nos paysans suisses par exemple dépendent des exportations de fromage.
>
> Pour ce qui est des fraises, il est vrai que de janvier à la fin mai, avant que ne commence la saison des fraises en Suisse, Coop importe par camion des fraises d'Huelva, en Espagne, et continuera de le faire à l'avenir. L'acheminement des fraises d'Espagne en Suisse génère bien sûr une pollution. Mais il n'y a pas que les fraises: c'est vrai pour tous les produits qui doivent être transportés. On a cependant tendance à surévaluer la pollution liée au transport. En équivalent CO2, le transport de 1 kg de fraises d'Espagne (4 barquettes) équivaut à un trajet en voiture d'à peine 800 mètres (6,5 litres/100 km). Si l'on y ajoute tous les effets de la production de fraises en Espagne (consommation d'eau, utilisation de terrain), comme l'a fait l'EPF dans des études complètes réalisées pour Coop, cela équivaut à un trajet en voiture d'environ 1,3 km. En tenant compte du CO2 généré par la production de fraises en Suisse, le chiffre tombe à environ 700 mètres. Précision intéressante: les pommes suisses qui sont stockées de janvier à la fin mai, hors saison donc, affichent un écobilan légèrement moins bon que celui des fraises espagnoles.
>
> Cela fait plusieurs années que Coop ?uvre en faveur d'une production durable des denrées alimentaires, aux plans tant écologique que social. Elle s'est notamment investie dans la définition de différentes normes telles que GlobalGap (The Global Partnership for Good Agricultural Practice, www.globalgap.org) ou la BSCI (Business Social Compliance Initiative, www.bsci-eu.org), par exemple, des normes qu'elle impose à ses partenaires commerciaux et dont l'application est contrôlée par des organismes indépendants.
>
> Coop suit ce qui se passe à Huelva depuis plus de 10 ans. Depuis 2005, elle organise régulièrement des tables rondes avec les producteurs, les fournisseurs de fraises de Huelva et les autorités locales, pour faire connaître ses exigences:
>
> certification GlobalGAP pour les producteurs
> respect ? régulièrement contrôlé par Coop - des 77 critères de qualité, d'écologie et de responsabilité sociale définis dans le cahier des charges Coop
> gestion durable de l'eau. Coop a émis à ce sujet des principes qui ont été audités par des organismes indépendants en décembre 2009
> gestion de l'eau et des sols et irrigation: lors d'un entretien qu'elle a eu à la mi-décembre 2009 avec les autorités locales, Coop a exigé la réglementation claire des pratiques dans ce domaine
> encouragement de la culture de fraises bio selon les directives de Bio Suisse, au détriment des cultures conventionnelles
> encouragement de la lutte écologique contre les nuisibles au moyen d'insectes utiles
>
> Coop milite en outre activement pour l'intégration de critères supplémentaires concernant la gestion de l'eau et des sols à l'occasion de la révision de GlobalGAP en 2010. Elle entretient par ailleurs en Espagne un bureau d'approvisionnement doté d'un service d'assurance qualité interne, qui surveille constamment les aspects critiques de la production sur place et intervient lorsque c'est nécessaire.Avec toutes ces mesures, Coop contribue à concilier la production de fraises à Huelva avec les principes du développement durable. Elle a non seulement accompli un important travail de sensibilisation, mais aussi provoqué de réels changements. La résolution de tous les problèmes prendra toutefois du temps, car elle implique des ajustements juridiques de la part des autorités locales.
>
> Les produits que nous achetons à Huelva ne représentent qu'une très petite partie de la production totale locale. Nos efforts en faveur du développement durable n'en sont pas moins importants, d'autant qu'ils sont soutenus par d'autres entreprises.
>
> En ce qui concerne les asperges, là-aussi, pour répondre à la forte demande des consommateurs suisses (1,6 kg par habitant et par an), nous sommes contraints de recourir aux importations. Les asperges d'origine suisse ne couvrent en effet que 4% des besoins.
>
> Lorsque nous importons, nous nous efforçons bien sûr, chaque fois que c'est possible, de faire appel aux moyens de transport les plus écologiques parmi ceux à notre disposition. C'est ainsi par exemple que nous sommes parvenus, grâce à une logistique de pointe, à porter ces dernières années la part des asperges blanches importées par bateau de pratiquement zéro à près de 100 %. De plus, Coop envisage actuellement le recours à d'autres régions de culture et à autres circuits logistiques pour les asperges vertes afin de pouvoir à l'avenir offrir là aussi un meilleur écobilan à ses clients.
>
> Il va de soi que Coop propose aussi des asperges d'Europe au moment où celles-ci sont de saison sous nos latitudes. Les premières asperges qui garnissent nos rayons viennent cependant dans un premier temps d'outre-mer, et ensuite seulement, de pays voisins du nôtre. Ainsi, les premières asperges vertes de la saison viennent du Mexique et de Californie. Dès que les asperges d'Europe sont disponibles, nous en importons une part aussi importante que possible d'Espagne. Dans le cas des importations en provenance du continent américain, le transport par avion cargo est inévitable pour pouvoir proposer un produit encore frais. Cependant, 100% des asperges vendues chez Coop sont transportées dans des avions de ligne, qui voleraient de toute façon, même sans nos asperges. Celles-ci portent le logo exclusif Coop "BY AIR". Nous n'affrétons aucun charter cargo spécialement pour le transport de cette marchandise. Les émissions de CO2 dues aux transports par avion sont compensées (voir http://www.coop.ch/nachhaltigkeit/ecology/energy-fr.htm).
>
> En janvier 2009, Coop a décidé de ne plus organiser d?actions sur les asperges vertes d?outre-mer (Pérou, Mexique et Californie), ce qu'elle fait depuis. Coop est une entreprise de grande distribution, qui n'entend pas dicter leur conduite à ses clients, mais au contraire tenir compte de leurs diverses motivations. À cet égard, il est très important que les consommateurs puissent décider en connaissance de cause, c'est-à-dire en disposant de toutes les informations nécessaires (étiquetage de l'origine, et avant tout le logo "BY AIR") afin de déterminer eux-mêmes si tel ou tel produit est envisageable pour eux.
>
> Coop est consciente de ses responsabilités et les assume pleinement. Coop mise sur le développement durable et sur la sécurité. Sa philosophie se résume par ces mots: "Relevons ensemble le défi d'une protection durable de l'environnement: pour notre entreprise, il est une chance à saisir". Aussi estimons-nous que la réussite à long terme de notre entreprise repose sur l'équilibre que nous saurons instaurer entre la protection de l'environnement, nos responsabilités sociales et la réalité économique.
>
> En espérant que ces informations vous seront utiles, nous pouvons vous assurer que nous nous penchons avec toute la rigueur nécessaire sur ces problèmes complexes, qui sont le reflet d'une économie toujours plus mondialisée et toujours plus interconnectée.
>
> Avec nos salutations les meilleures.
>
> Coop
>
> Melanie Marti
> Resp. adjointe du Service des consommateurs
> Membre du management spécialisé
> Siège
> Tel. 061 336 73 05
> Fax 061 336 73 15
>
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Journal COOPERATION
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Madame,
merci pour votre réponse rapide et très complète.
Ciel ! nous vivons dans un monde complexe et plein de contradictions. Par exemple, développement durable ( mais jusqu'à quand va-t-on durer ?) et consommation.
Ces contradictions se retrouvent - et c'est normal - dans votre réponse.
Je sais qu'en général, aucun acteur du monde - producteur, distributeur, consommateur - n'admet sa responsabilité, laquelle est toujours diluée et reportée sur unE autre.
Bref !
Vous aurez sans doute relevé que les gens se mettent à lire les emballages, même quand c'est écrit très petit (COOP pourrait offrir des loupes et des fauteuils, ce ne serait pas de trop...) . C'est à mon sens un signe réjouissant de responsabilisation du consommateur.
On verra où ça va.
En attendant, puisse COOP continuer son réveil et vendre à ses coopérateurTRICEs des produits issus raisonnablement d'un monde vivable, ceci sans autre précision.
A bientôt sur les étals.
Je vous prie de croire, Madame, à mes sentiments distingués et durables.
Raymond de MORAWITZ
PS : je me permets de faire suivre votre réponse à mes correspondants.